Olivier's Interview in Trois Couleurs July/August 2014 issue - Interview d'Olivier dans le numéro juillet/août 2014 de Trois Couleurs
Retranscription:
Olivier: Honnêtement, j'ai été stupéfait. Elle joue avec une intelligence et une précision diabolique. Je l'encourageais sans cesse à m'échapper mais ce n'est pas dans sa culture de prendre ce genre de liberté. C'est Juliette, une comédienne qu'elle admire et avec laquelle elle voulait se confronter, qui lui a donné les clés. Plus on avançait dans le film, plus toutes les deux cherchaient à s'emparer de l'espace qu'il y avait à occuper. D'ailleurs, au final, certaines scènes du film n'ont plus grand-chose à voir avec le scénario initial.
Olivier: Honnêtement, j'ai été stupéfait. Elle joue avec une intelligence et une précision diabolique. Je l'encourageais sans cesse à m'échapper mais ce n'est pas dans sa culture de prendre ce genre de liberté. C'est Juliette, une comédienne qu'elle admire et avec laquelle elle voulait se confronter, qui lui a donné les clés. Plus on avançait dans le film, plus toutes les deux cherchaient à s'emparer de l'espace qu'il y avait à occuper. D'ailleurs, au final, certaines scènes du film n'ont plus grand-chose à voir avec le scénario initial.
Une part du personnage de Kristen
Stewart tient à ce qu'on connaît d'elle, une comédienne au faîte de sa
notoriété, incroyablement représentative de la modernité du cinéma. Le fait
qu'à l'intérieur même du film, elle commente ce qu'elle vit au jour le jour
dans son rapport avec les médias est totalement englobé par la dramaturgie.
Olivier's Interview in Libération - Interview d'Olivier dans Libération
Retranscription:
(en couverture) "Sils Maria", Binoche et Assayas en altitude.
(en couverture) "Sils Maria", Binoche et Assayas en altitude.
Q: Juliette Binoche côtoie
Kristen Stewart, mais aussi Chloë Grace Moretz ou Angela Winkler. Comment faire
cohabiter des corps cinématographiques aussi divers?
Olivier: En face d’elle
[Juliette], il fallait quelqu’un qui la renvoie à cette modernité-là. Elle est
mise en déséquilibre par l’aplomb de Kristen. Pareillement, Chloë Moretz est
très jeune, elle a un humour, une fraîcheur, qui mettent en valeur
l’intériorité de Kristen.
Q: Sur Binoche, la caméra
est en plan fixe, tandis que sur Stewart, elle flotte…
Olivier: Les comédiens
induisent ce genre de choses, consciemment ou non. J’ai été fasciné par la
manière dont Kristen Stewart bouge, pose son corps. Elle s’approprie chacun de
ses gestes, aussi moindres soient-ils, avec une précision diabolique.On n’est
pas dans l’intellect. D’ailleurs, elle n’apprend son texte que trente minutes
avant la scène, persuadée de n’être bonne que dans la spontanéité. J’ai essayé
de lui montrer qu’elle excelle ailleurs. Et elle comprenait très bien que
Juliette pouvait l’emmener quelque part.
Tourner avec Stewart m’a donné
une couche d’admiration supplémentaire à son égard. C’est une superstar
mondiale, elle a 23 ans, vient faire un film en Europe, dans des endroits
improbables, le Sud Tyrol, Leipzig, etc. J’ai eu ce privilège immense de voir
une actrice naître, prendre conscience de la largeur de sa palette. Au fond, ce
qui intéressait Kristen, ce n’était sans doute pas moi, mais Juliette, sa
liberté absolue. Et cette dernière, flattée, n’a pas hésité à se lancer dans
des trucs barrés, pour lui montrer jusqu’où il est possible d’aller. Moi,
j’enregistrais cette relation de façon documentaire.
Juliette: Simplement parce
que tu travailles avec de plus jeunes actrices ne signifie pas qu'elles sont
moins expérimentées. Kristen a commencée à jouer quand elle avait 10 ans, et
Chloë à 7 ans. Elles ont toutes les deux leur propre technique, leur propre
façon de gérer les émotions.
Kristen en sait plus que moi sur les détails d'être une star parce qu'elle est vraiment dans le monde des paparazzi. Il y a des petites choses - comme la façon dont ton assistant personnel doit vérifier si tout est ok avant que tu ne sortes de la voiture lors d'un grand événement. Tu gardes toujours les portes verrouillées au cas où ta robe est entièrement ouverte.
Kristen en sait plus que moi sur les détails d'être une star parce qu'elle est vraiment dans le monde des paparazzi. Il y a des petites choses - comme la façon dont ton assistant personnel doit vérifier si tout est ok avant que tu ne sortes de la voiture lors d'un grand événement. Tu gardes toujours les portes verrouillées au cas où ta robe est entièrement ouverte.
Je n'utilise pas Facebook ou
Twitter ou Instagram. Une différence de générations que j'ai expérimentée - et
qui est aussi dans le film - est la façon différente dont on utilise internet.
Kristen et Chloë étaient toujours en contact avec un tas d'amis sur leur
iPhone. Elles m'ont montrée des trucs et m'ont dit, "Allez, mets toi
y," mais je ne pense pas que je pourrais vivre cette vie. Je google les
gens quand j'ai besoin de quelques informations, et bien sûr c'est très utile.
J'aime aussi lire ce que les fans disent de moi parfois.
Juliette's Fotogramas Interview - Interview de Juliette avec Fotogramas
Q: Lina Martins [la
personnelle assistante de Juliette] ressemble t'elle à Kristen Stewart?
Juliette: (Rires) Non,
Lisa est portugaise, a plus mon âge et c'est mon assistante personnelle depuis
presque 20 ans. Il y a eu un hiatus de deux ou trois ans, parce qu'elle voulait
écrire, et j'avais besoin d'un peu d'air. Mais maintenant elle est de retour.
C'est une relation extrêmement proche qui mêle amitié et travail. Et ce n'est
pas toujours facile. C'est un peu comme une relation, mais maintenant, après
tout ce temps, on est plus comme des sœurs.
Q: Donc ce film d'Assayas
est un portrait de Juliette Binoche?
Juliette: C'est le
contraire, l'idée était que nous quatre (Olivier, Kristen, Chloé et moi)
parlions de la profession que nous connaissons bien pour la vivre, avec un peu
d'humour et une distance ironique. Et je ne pense pas que mon personnage soit
particulièrement inspiré de moi. Pour commencer, elle n'a pas d'enfants et en
avoir change tout. Ca vous oblige à vous demander pourquoi nous sommes crées, et
comment participer au monde.
Q: Vous transmettez
habituellement beaucoup de douleur à travers l'écran.
Juliette: Qui ne souffre
pas dans la vie? Je pense que les acteurs sont nécessaires pour refléter cette
souffrance, et j'imagine que c'est pourquoi ils m'appellent, pour être le
catalyseur qui transforme la souffrance. Les films que je fais, même si à la
fin très tragique, ont toujours besoin d'une lueur d'espoir. Je devais par
exemple travailler sur 'The Childhood of a Leader', les débuts derrière la
caméra de Brady Corbet, qui est un acteur brillant, mais c'était trop sombre.
De porter quelques films très durs, profonds et transcendantaux.. et je veux
prendre un virage. Donc à la place je vais être dans 'The Big Shoe' par Steven
Shainberg, le réalisateur de 'La Secrétaire' (2002). Ce sera beaucoup plus
amusant, en plus je serai réuni avec Kristen. Je pense que j'ai un potentiel
comique à découvrir. À 50 je commence ma deuxième vie.
Juliette's Interview in Paris Match - Interview de Juliette dans Paris Match
Retranscription:
Q: Connaissiez-vous
Kristen Stewart et Chloë Grace Moretz avant de partager l'affiche avec elles?
Juliette: Chloë non,
Kristen, j'avais vu "Sur la route", mais surtout il y avait un poster
dans "Twilight" dans la chambre de ma fille, Hana! J'ai d'abord
travaillée avec Robert Pattinson pour "Cosmopolis". Mais c'est Hana
qui me les a fait connaître.
Q: Kristen Stewart, elle,
conserve ses sous-vêtements. A travers cette scène, c'est deux conceptions de
l'engagement d'acteur qui s'affrontent...
Juliette: Kristen devait
savoir qu'il y avait des paparazzis cachés et quelles pouvaient en être les
conséquences. Moi, je m'imaginais pas que c'était possible car l'autre rive
paraissait tellement loin... C'est elle qui avait raison! Mais je reste
convaincue qu'il faut savoir s'oublier car c'est une façon de résister. On est
plus forts que le système!
Retranscription:
Q: Kristen Stewart est étonnante et vous renvoie bien la balle. C'est une belle rencontre pour vous?
Juliette: Je l'avais vue dans Sur la route, de Walter Salles. Elle a une sensualité naturelle et une sensibilité hors pair. A un moment donné, Olivier a hésité, car il voulait lui donner le rôle de la jeune actrice et Kristen a refusée, elle désirait jouer le rôle de l'assistante. Au début, elle avait un peu peur mais, au fur et à mesure, elle a trouvée sa place. Avec Olivier, nous étions complices en la regardant éclore. Kristen a un énorme potentiel, un grain de génie, une capacité à lire un texte trois fois et à le savoir par coeur. On a aimé jouer ensemble, on a bien rigolé car je jouais la star et elle l'assistante... Nous allons retourner ensemble cet automne dans un registre complètement différent, une comédie de Steven Shainberg: The Big Shoe.
Q: Kristen Stewart est étonnante et vous renvoie bien la balle. C'est une belle rencontre pour vous?
Juliette: Je l'avais vue dans Sur la route, de Walter Salles. Elle a une sensualité naturelle et une sensibilité hors pair. A un moment donné, Olivier a hésité, car il voulait lui donner le rôle de la jeune actrice et Kristen a refusée, elle désirait jouer le rôle de l'assistante. Au début, elle avait un peu peur mais, au fur et à mesure, elle a trouvée sa place. Avec Olivier, nous étions complices en la regardant éclore. Kristen a un énorme potentiel, un grain de génie, une capacité à lire un texte trois fois et à le savoir par coeur. On a aimé jouer ensemble, on a bien rigolé car je jouais la star et elle l'assistante... Nous allons retourner ensemble cet automne dans un registre complètement différent, une comédie de Steven Shainberg: The Big Shoe.
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